Révision constitutionnelle : à Kananga, des jeunes proches de l’UDPS manifestent contre la CENCO
Des centaines de jeunes proches de l'UDPS ont manifesté dimanche devant des paroisses catholiques de Kananga, contestant l'opposition de la CENCO à une révision de la Constitution.
Révision constitutionnelle : à Kananga, des jeunes proches de l’UDPS manifestent contre la CENCO
AFP
KANANGA — Des centaines de jeunes proches de l’UDPS ont manifesté dimanche devant des paroisses catholiques de Kananga, contestant l’opposition de la Conférence épiscopale nationale du Congo à une révision de la Constitution.
Le rassemblement répond à la déclaration de la CENCO, qui a réaffirmé samedi 20 juin son refus de toucher au texte fondamental. La conférence des évêques juge qu’il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de réviser la Constitution et met en garde contre un risque de « balkanisation » du pays. À Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, cette position a déplacé le débat constitutionnel de l’arène institutionnelle vers la rue.
Dès les premières heures de la matinée du dimanche 21 juin, les manifestants, parmi lesquels de nombreux conducteurs de moto-taxi, se sont regroupés devant la pro-cathédrale Saint-Clément et plusieurs autres paroisses de la ville. Banderoles et calicots à l’appui, ils ont réclamé le retrait de la signature de l’archevêque de Kananga, Monseigneur Félicien Ntambue, du document publié par l’épiscopat. Pour eux, cette prise de position n’engage pas l’ensemble des fidèles de la région.
La mobilisation s’est déroulée sans incident majeur, selon des témoins sur place, les forces de l’ordre restant déployées autour des lieux de culte.
Le député national Marcel Tshipepele, élu de Kananga, a lancé un appel à l’apaisement. Il a invité les parties à « privilégier la cohésion sociale et à éviter les tensions inutiles » et a insisté sur le respect des lieux de culte. Le parlementaire a reconnu à la CENCO le droit de s’exprimer sur les enjeux nationaux, tout en estimant que ses positions « ne sauraient être considérées comme représentatives de l’ensemble de l’Église catholique ni de tous ses fidèles ». Pour lui, c’est à la population de se prononcer, le moment venu, sur les grandes orientations du pays.
La séquence s’inscrit dans un bras de fer constitutionnel qui s’est durci depuis le début du mois. L’Assemblée nationale puis le Sénat ont adopté la loi référendaire, étape que l’opposition lit comme l’ouverture d’une voie vers un nouveau mandat présidentiel, lecture rejetée par le camp présidentiel. Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait déchiré publiquement la déclaration de la CENCO, tandis que le député Steve Mbikayi contestait l’intangibilité de l’article 220. À Kinshasa, l’UDPS a par ailleurs annoncé avoir saisi le parquet contre des individus se réclamant de la « Force du Progrès ». Kananga ajoute un front local à cet affrontement, en visant directement la hiérarchie catholique d’une province.
À lire aussi