Ebola au Sud-Kivu : à Miti-Murhesa, un mois sans nouvelle transmission, mais la vigilance reste de mise
Au 23 juin, le Sud-Kivu reste à trois cas confirmés et un décès, tous à Miti-Murhesa, sans nouvelle transmission depuis le 26 mai. La zone, sous administration AFC/M23, n’atteindra le seuil des 42 jours qu’aux alentours du 7 juillet.
Ebola au Sud-Kivu : à Miti-Murhesa, un mois sans nouvelle transmission, mais la vigilance reste de mise
AFP
BUKAVU — Dans la seule zone de santé du Sud-Kivu touchée par Ebola, le compteur n’a pas bougé depuis un mois. Selon le dernier bilan officiel de l’Institut national de santé publique, arrêté au 23 juin, la province compte trois cas confirmés et un décès, tous dans la zone de santé de Miti-Murhesa, en territoire de Kabare, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bukavu. Aucune nouvelle transmission n’y a été enregistrée depuis le 26 mai.
Ce silence épidémiologique est suivi de près. En matière d’Ebola, une zone n’est considérée comme tirée d’affaire qu’après quarante-deux jours sans nouveau cas, soit deux fois la durée maximale d’incubation du virus. Au 23 juin, Miti-Murhesa en était à environ vingt-huit. Le seuil des quarante-deux jours, si aucun cas ne survient, tomberait autour du 7 juillet. La surveillance, indique l’INSP, reste active.
Le Sud-Kivu était entré dans l’épidémie le 21 mai, avec un cas suspect notifié à Miti-Murhesa. Trois jours plus tard, les autorités confirmaient deux cas, dont le décès d’une personne de 28 ans, et plaçaient deux contacts sous suivi. La zone n’était pas inconnue des ripostes sanitaires : pendant la pandémie de Covid-19, elle figurait parmi les plus touchées de la province, et un centre de traitement des épidémies y avait été installé.
La gestion de cette riposte se fait dans un cadre particulier. Bukavu et le territoire de Kabare sont sous administration de l’AFC/M23. Les premières mesures, le 24 mai, ont été annoncées dans un communiqué signé par le gouverneur installé par la coalition, Patrick Busubwangwi : renforcement de la surveillance, « isolement strict des personnes infectées et suivi rapproché des cas contacts », « limitation des déplacements non essentiels dans la zone de santé de Miti-Murhesa » et « interdiction temporaire des rassemblements non essentiels ». Dans une zone qui échappe au contrôle de Kinshasa, la vérification indépendante des données de terrain reste limitée.
Sur place, la société civile réclamait des moyens. « Nous espérons que ce CTE sera réactivé, ou que ceux qui avaient servi dans la lutte contre le choléra pourront être utilisés pour l’isolement des personnes infectées », déclarait un acteur local au lendemain du premier cas. La province affronte plusieurs fronts sanitaires à la fois : le choléra y a fait six morts et touché 182 personnes en une seule semaine, selon un bilan du 24 juin, une maladie qu’il ne faut pas confondre avec Ebola.
À l’échelle nationale, l’épidémie reste concentrée en Ituri, épicentre avec 22 des 34 zones de santé affectées, loin devant le Nord-Kivu et ses 11 zones. Le Sud-Kivu, lui, n’en compte qu’une. La stabilité de ce foyer méridional, si elle se confirme dans les semaines à venir, serait l’une des rares éclaircies d’un bilan national qui, lui, continue de monter : 1 118 cas et 291 décès au 23 juin. En cas de symptômes, les autorités rappellent le numéro vert 151.
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