Santé Ebola : l’ancienne cheffe de l’USAID accuse les coupes de Trump d’avoir affaibli la riposte en RDC
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Ebola : l’ancienne cheffe de l’USAID accuse les coupes de Trump d’avoir affaibli la riposte en RDC

Samantha Power, qui a dirigé l’agence américaine d’aide sous Joe Biden, affirme que le démantèlement de l’USAID a contribué à l’emballement de l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda. Washington dément tout effet. Pour Kinshasa, la polémique met à nu le coût d’une riposte sanitaire suspendue à un bailleur étranger.

Ebola : l’ancienne cheffe de l’USAID accuse les coupes de Trump d’avoir affaibli la riposte en RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 03:56 WAT · 3 min de lecture

La charge vient de l’intérieur du système américain. Sur le Big Take Podcast de Bloomberg, le 26 juin, Samantha Power, ancienne administratrice de l’Agence américaine pour le développement international, a lié l’aggravation de l’épidémie d’Ebola qui frappe la RDC et déborde en Ouganda à la fermeture de l’agence qu’elle a dirigée près de quatre ans. « Je ne crois pas que nous aurions une épidémie d’Ebola hors de contrôle si l’USAID n’avait pas été démantelée », a-t-elle déclaré.

Power n’est pas une voix périphérique. Dernière responsable de l’USAID confirmée par le Sénat avant que l’administration Trump ne démantèle largement l’agence l’an dernier, ancienne ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, elle enseigne aujourd’hui à la Kennedy School et à la faculté de droit de Harvard. Selon elle, les missions permanentes de l’USAID en RDC et en Ouganda ont été supprimées en même temps que le reste de l’organisation, alors que les États-Unis avaient investi dans des laboratoires de test utiles en cas d’épidémie.

« Notre capacité de réponse réduite à néant »

À ses yeux, le retrait américain ne s’arrête pas à l’agence. La décision de Washington de quitter l’Organisation mondiale de la santé et de réduire ses financements de réponse d’urgence a, elle aussi, pesé sur la capacité à enrayer la propagation. « Avec Ebola, nous voyons notre capacité de réponse rapide réduite à néant », a affirmé Power. « Il reste des gens qui se disent spécialistes d’Ebola, mais ils sont trop peu nombreux, trop dispersés, et beaucoup n’ont pas l’expertise qui a été perdue quand le personnel de l’USAID a été licencié si brutalement. »

L’administration américaine conteste cette lecture. Des responsables affirment que la restructuration des programmes d’aide et de développement n’a eu aucun effet sur la réponse aux épidémies. Entre l’ancienne patronne de l’agence et les responsables en poste, le différend reste ouvert.

Une épidémie sans vaccin, sur fond de désengagement

Les chiffres, eux, ne se discutent pas. L’épidémie partie du nord-est de la RDC et passée en Ouganda est due à la souche Bundibugyo, rare, pour laquelle aucun vaccin ni traitement par anticorps n’est homologué. Le bilan officiel congolais le plus récent fait état de 1 307 cas et 377 décès. Le 17 mai, l’OMS avait classé l’épidémie « urgence de santé publique de portée internationale ».

C’est sur ce front, et avec ces moyens, que la riposte se joue. La querelle américaine renvoie Kinshasa à un problème concret : ce qui reste d’un dispositif de surveillance quand son principal bailleur se retire au pire moment. La RDC a annoncé un plan national de riposte budgétisé à 319 millions de dollars, manière de reprendre la main sur un terrain que les financements étrangers n’occupent plus. La polémique de Washington éclaire en creux ce que vaut, pour un pays en première ligne, une sécurité sanitaire qui dépend des arbitrages d’un autre.

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B
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