Santé Ebola en RDC : 3 748 cas confirmés et 1 657 décès au 1er août, le suivi des contacts reste sous le seuil

Ebola en RDC : 3 748 cas confirmés et 1 657 décès au 1er août, le suivi des contacts reste sous le seuil

Le rapport de situation n°079 de l’Institut national de santé publique, publié le 2 août, porte le bilan de la 17e épidémie à 3 748 cas confirmés et 1 657 décès, pour une létalité officielle provisoire de 44,2 %. L’Ituri concentre 87,5 % des cas confirmés. Au Nord-Kivu, les refus opposés aux équipes se multiplient.

Ebola en RDC : 3 748 cas confirmés et 1 657 décès au 1er août, le suivi des contacts reste sous le seuil
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 AOÛT 2026 - 18:28 WAT · 4 min de lecture

Le Centre d’opérations d’urgence de santé publique a publié le 2 août son rapport de situation n°079, arrêté au rapportage du 1er août. La 17e épidémie de maladie à virus Ebola, due à la souche Bundibugyo et déclarée le 15 mai, totalise 3 748 cas confirmés et 1 657 décès confirmés dans cinq provinces, soit une létalité officielle provisoire de 44,2 %, ratio calculé sur les seuls cas confirmés notifiés. Le rapport précédent en dénombrait 3 674 et 1 621. En vingt-quatre heures, 74 nouveaux cas confirmés, 36 décès confirmés et 42 guérisons ont été enregistrés, portant le cumul des guéris à 708. Deux cent vingt-sept cas suspects restaient en attente de confirmation.

L’Ituri demeure le foyer principal avec 3 278 cas et 1 359 décès dans 28 zones de santé sur 36. Bunia (905 cas), Rwampara (644), Mongbwalu (550) et Nizi (397) rassemblent l’essentiel des contaminations. Le Nord-Kivu enregistre 400 cas et 262 décès, soit une létalité de 65,5 %, la plus élevée des provinces à forte incidence ; sur ses onze décès du jour, sept sont survenus dans la communauté. Le Haut-Uélé compte 60 cas et 30 décès, la Tshopo 7 cas, le Sud-Kivu 3, sans nouveau cas à Miti-Murhesa depuis le 10 juin. Le cumul reste à 49 zones de santé sur 140, la Tshopo ayant déclaré une cinquième zone, Wanie-Rukula, que le rapport n’intègre pas encore à ses totaux. « L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant 87,5 % des cas cumulés et 66,2 % des nouvelles confirmations du jour », peut-on lire dans le document.

Le suivi des contacts à 80,1 %, sous le seuil de 95 %

Le suivi des contacts porte sur 13 988 personnes vues pour 17 472 listées, en progression de 2,1 points en une journée après plusieurs semaines de dégradation. La zone de santé de Mangala, en Ituri, n’a vu que 493 de ses 1 565 contacts ; le Nord-Kivu compte 239 perdus de vue. La prise en charge est elle aussi sous tension : 690 patients étaient en isolement, dont 333 confirmés et 357 suspects, pour 1 050 lits. En Ituri, les centres de traitement de Nizi, de Fataki et d’Aru dépassent leur capacité ; au Nord-Kivu, le taux d’occupation atteint 128,4 % pour 141 lits et cinq ambulances sur trente. Depuis le début de l’épidémie, 142 agents de première ligne ont été contaminés en Ituri, dont 41 sont morts.

À Butembo et à Beni, les refus se multiplient

À Butembo, dans le quartier Kyaghala, des habitants se sont opposés le 31 juillet à un enterrement sécurisé et ont exigé l’ouverture du cercueil, rapporte Radio Okapi. À Beni, le 1er août, l’ambulance venue transférer une patiente suspectée a été caillassée dans le quartier Cité Belge. Entre le 28 et le 30 juillet, le centre hospitalier Crinovic et le poste de santé Zawadi ont été incendiés à Butembo. Le rapport de l’INSP place cette réticence en tête de ses défis. En Ituri, il enregistre deux refus à Mandima et note que « les résistances persistent à Mambasa, Nyankunde, Mandima, Aru et Bambu ».

La riposte mise sur la proximité. La MONUSCO a lancé le 30 juillet à Miala, en territoire de Djugu, un projet d’engagement communautaire confié à deux organisations locales, qui doit former une centaine de bénéficiaires du P-DDRCS comme relais et toucher plus de 20 000 personnes. Aucun vaccin ni traitement homologué n’existe contre la souche Bundibugyo. Le pilier recherche suit deux essais cliniques, Partners et EBO-PEP, et recense en Ituri 22 participants inclus et suivis ; le rapport répète, comme la veille, qu’« aucune activité de vaccination n’est rapportée par les provinces ce jour ».

Le compte rendu de la 95e réunion du Conseil des ministres, lu le 31 juillet par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a demandé au ministre de la Santé un rapport détaillé sur les fonds engagés et le paiement des arriérés dus aux équipes de riposte. Le rapport de l’INSP classe ce non-paiement au deuxième rang de ses défis : il a provoqué des grèves dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara, dont la reprise a depuis été annoncée.

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B
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