Droits humains Plus de 70 000 réfugiés congolais en Ouganda : l’exode que l’offensive AFC/M23-Rwanda a jeté sur les routes

Plus de 70 000 réfugiés congolais en Ouganda : l’exode que l’offensive AFC/M23-Rwanda a jeté sur les routes

Plus de 70 000 réfugiés en Ouganda, des transferts vers le Rwanda, une famine qui s'aggrave : le rapport de l'ONU chiffre l'exode provoqué par l'offensive de l'AFC/M23 et du Rwanda.

Des combattants de l'AFC/M23 dans l'est de la RDC.

Plus de 70 000 réfugiés congolais en Ouganda : l’exode que l’offensive AFC/M23-Rwanda a jeté sur les routes
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 21:47 WAT · 4 min de lecture

Plus de 70 000. C’est le nombre de réfugiés que le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en Ouganda a enregistrés entre janvier et le 21 septembre 2025. Le chiffre est brut. Il dit une population congolaise arrachée à ses terres, poussée vers la frontière par une offensive venue de l’est.

Ce décompte figure dans le rapport à mi-parcours du Groupe d’experts de l’ONU, coté S/2025/858, transmis au Comité du Conseil de sécurité le 24 novembre 2025 et examiné le 30 décembre. Le document traite de la crise de l’AFC/M23 dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Il documente, chiffres à l’appui, l’ampleur des déplacements provoqués par la campagne militaire de l’AFC/M23 menée avec l’appui de la Force de défense rwandaise.

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Le rapport écrit noir sur blanc : « Le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en Ouganda a signalé l’arrivée de plus de 70 000 réfugiés entre janvier et le 21 septembre 2025 et fait état d’une forte augmentation des arrivées de réfugiés en provenance du territoire de Rutshuru depuis avril. » La phrase se lit au paragraphe 42, page 13. Elle rattache l’exode au territoire de Rutshuru, d’où la vague de départs s’est amplifiée. L’Ouganda voisin absorbe le flux.

Le mouvement ne va pas dans un seul sens. Vers le Rwanda, des milliers de civils hutus qui vivaient dans le Nord-Kivu ont été acheminés depuis le mois de mai, selon le rapport. Le document établit un fait daté et chiffré : le 12 mai 2025, plus de 2 000 civils rassemblés autour de Goma et de Sake ont été conduits sous la contrainte au centre de transit du HCR à Goma, et 1 798 d’entre eux ont ensuite été transférés vers le Rwanda entre le 17 et le 22 mai. Le Groupe d’experts précise que les conditions d’un retour volontaire n’étaient pas réunies. Les rapatriements se poursuivent depuis lors, sans que le HCR ait pu procéder aux vérifications nécessaires.

À l’origine de cette fuite, un mécanisme méthodique. L’AFC/M23 expulse les civils, puis leur interdit l’accès à leurs champs. Le rapport consacre son annexe 19 à cette pratique, sous un intitulé sans ambiguïté sur la conséquence : perte des moyens de subsistance et famine. La faim n’est pas ici un effet collatéral. Elle est le produit direct de la privation de terres imposée aux populations chassées, une mécanique de mise à mort lente.

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L’annexe 19 le formule ainsi, page 87 : « Lack of access to land, and often AFC/M23 ordering civilians to hand over their crops to feed AFC/M23 troops has led to an alarming increase in famine and famine-like conditions. » Traduction : le manque d’accès à la terre, et le fait fréquent que l’AFC/M23 ordonne aux civils de céder leurs récoltes pour nourrir ses troupes, a entraîné une augmentation alarmante de la famine et de conditions proches de la famine. Le rapport s’appuie sur des sources onusiennes, des acteurs humanitaires, la société civile et des responsables locaux.

Le corps du rapport corrobore ce constat au paragraphe 42. Les experts y écrivent que la pratique de l’AFC/M23 consistant à expulser les civils et à leur refuser ensuite l’accès à leurs terres a entraîné « la perte des moyens de subsistance et une famine imminente ». Le Programme alimentaire mondial et la FAO ont lancé un appel à une action urgente. Les organisations alertent sur une insécurité alimentaire qui s’aggrave et pousse toujours plus de personnes hors de chez elles.

Derrière chaque ligne de statistique, il y a des cultivateurs qui ont abandonné leurs récoltes en saison des semis. Des familles qui campaient dans leurs propres champs et ont dû fuir. Des villages incendiés, des habitations détruites, des déplacements que le rapport qualifie de massifs. L’exode vers l’Ouganda et les convois vers le Rwanda ne sont pas deux dossiers distincts. Ce sont les deux versants d’une même agression contre les civils congolais de l’Est.

Pour Kinshasa, ces chiffres composent la preuve documentée d’une catastrophe humanitaire produite par l’offensive AFC/M23-Rwanda sur son territoire. Le Groupe d’experts en confie l’examen au Conseil de sécurité.

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B
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