Ce que Kinshasa a gagné se mesure : depuis la suspension des exportations de février 2025, le cobalt est passé de 5,60 à près de 25 dollars la livre. Ce qui manque se mesure aussi. Un peu plus des deux tiers seulement des 62 000 tonnes autorisées depuis octobre sont sorties, et aucune régie financière n’a publié le moindre montant perçu sur la redevance prépayée. Africa Intelligence annonce d’énormes retombées fiscales pour 2026 : c’est ce chiffre-là qu’il faut réclamer.
Freeport a vendu Tenke Fungurume au chinois CMOC en mai 2016, la Gécamines l’a appris par la presse. Dix ans plus tard, 2 000 à 5 000 tonnes d’uranium ont quitté le pays dans le cobalt, moins de 10 % déclarées.
CMOC a rejeté le 1er août les conclusions sur la teneur en uranium du cobalt de Tenke Fungurume. Le différend porte sur le seuil applicable, 75, 81 ou 100 ppm, et sur un texte congolais que personne ne publie.
Le sous-sol congolais vaudrait 24 000 milliards de dollars. Le chiffre vient d'un article de magazine publié en 2010, sans étude géologique. Ce que disent l'USGS et la Banque mondiale, et pourquoi l'écart avec 81 % de pauvreté n'est pas un paradoxe.
À partir du 31 juillet 2026, Kinshasa applique une règle du code minier de 2018 restée lettre morte : 10 % du capital des sociétés minières cédés à des Congolais, dont 5 % aux employés. Glencore et Ivanhoe notifiés selon la presse. Ce que dit la mesure, comment elle est financée, et ce qui reste flou.
Comité de pilotage lancé, actifs miniers listés, premier deal signé : Washington vante les progrès de son partenariat avec la RDC. Une lecture froide, sans propagande : ces progrès profitent à qui, portent sur quels minerais, et en échange de quelles garanties ?
L'évaluation approfondie du partenariat « infrastructures contre mines » s'ouvre ce jeudi. Ce que la Chine avait promis en 2008, ce qu'elle a réellement livré (822 millions de dollars d'infrastructures quand ses entreprises engrangeaient près de 10 milliards de bénéfices, selon l'audit public), ce que la renégociation de 2024 a changé, et ce que Kinshasa peut encore exiger.
Le cobalt a repris 160 % en dix-huit mois, le cuivre frôle ses records, et la RDC a fabriqué cette rareté par ses restrictions d'exportation. Mais entre l'État, les majors chinoises, les négociants et Sicomines, la part qui redescend jusqu'au creuseur artisanal est infime. Enquête.
Le projet de loi créant la première place financière du pays, adopté par l'Assemblée et examiné au Sénat, doit servir à ouvrir le capital des sociétés minières aux Congolais. Un instrument de plus dans la reprise en main d'un secteur qui fait presque toutes les exportations du pays.