Freeport a vendu Tenke Fungurume au chinois CMOC en mai 2016, la Gécamines l’a appris par la presse. Dix ans plus tard, 2 000 à 5 000 tonnes d’uranium ont quitté le pays dans le cobalt, moins de 10 % déclarées.
CMOC a rejeté le 1er août les conclusions sur la teneur en uranium du cobalt de Tenke Fungurume. Le différend porte sur le seuil applicable, 75, 81 ou 100 ppm, et sur un texte congolais que personne ne publie.
Le 31 juillet, le moratoire du ministre Watum sur l'entrée des Congolais au capital minier expire. Mais la « congolisation » va plus loin : deux lois, un même but, et trois défis de fond (prête-noms, sécurité juridique, capacité de financement). Décryptage.
À partir du 31 juillet 2026, Kinshasa applique une règle du code minier de 2018 restée lettre morte : 10 % du capital des sociétés minières cédés à des Congolais, dont 5 % aux employés. Glencore et Ivanhoe notifiés selon la presse. Ce que dit la mesure, comment elle est financée, et ce qui reste flou.
L'évaluation approfondie du partenariat « infrastructures contre mines » s'ouvre ce jeudi. Ce que la Chine avait promis en 2008, ce qu'elle a réellement livré (822 millions de dollars d'infrastructures quand ses entreprises engrangeaient près de 10 milliards de bénéfices, selon l'audit public), ce que la renégociation de 2024 a changé, et ce que Kinshasa peut encore exiger.
Manono, l'un des plus grands gisements de lithium du monde, entre en production. Mais l'État n'en détient que 10 %, la Chine et les États-Unis se le disputent, un procès à un milliard traîne et le prix s'est effondré de 85 %. Le Congo peut-il enfin maîtriser son sous-sol ?
Le cobalt a repris 160 % en dix-huit mois, le cuivre frôle ses records, et la RDC a fabriqué cette rareté par ses restrictions d'exportation. Mais entre l'État, les majors chinoises, les négociants et Sicomines, la part qui redescend jusqu'au creuseur artisanal est infime. Enquête.
822 millions de dollars d'infrastructures livrés sur 3 milliards promis, 685 millions non justifiés, zéro kilomètre de chemin de fer : la RDC audite seize ans de contrat chinois. Ce que l'audit peut établir, et ce qui restera hors de portée.
Le Musée de Tervuren garde les cartes du sous-sol congolais. Autour de ces archives et des gisements qu'elles décrivent se joue une bataille entre Pékin, Washington et l'Europe.