Après avoir appelé les Congolais à rester chez eux lors de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 leur demande désormais de sortir et de se rendre devant le Palais du peuple. Le sit-in annoncé pour ce vendredi 12 juin est un test plus exigeant pour l’opposition : passer de l’absence dans les rues à la présence physique devant le cœur institutionnel du pays.
Avec la Coalition Article 64, plusieurs figures de l’opposition congolaise tentent de reprendre l’initiative autour d’un mot d’ordre commun : faire barrage au changement de la Constitution. Mais derrière l’image d’un front uni, l’enjeu est plus profond : transformer une addition de leaders, de partis et de frustrations en véritable rapport de force politique.
Dans une intervention jeudi 4 juin à Kinshasa, Delly Sesanga précise les paramètres du rassemblement que la Coalition Article 64 organise le jeudi 12 juin : sous l'esplanade du Palais du Peuple, en sitting statique, pour viser nominalement les parlementaires accusés de complicité avec le chef de l'État.
Ville morte, marche pro-réforme, plainte annoncée contre Félix Tshisekedi, sit-in devant le Palais du peuple : en quelques jours, le débat sur le changement de la Constitution est sorti des cercles politiques pour devenir une confrontation ouverte entre pouvoir, opposition, Églises, Parlement et rue.
Au lendemain de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 annonce une plainte contre Félix Tshisekedi le 9 juin et un sit-in le 12 juin. Décryptage d’une nouvelle offensive constitutionnelle.
La ville morte du 3 juin n'a pas livré le verdict spectaculaire que chaque camp espérait. Kinshasa a ralenti, surtout dans la matinée, mais elle ne s'est pas arrêtée. L'opposition revendique une victoire. Le pouvoir peut répondre que la capitale a fonctionné. Cette journée ressemble à un match nul politique, qui pourrait paradoxalement coûter plus cher à l'opposition.
Si la mobilisation de l'opposition contre une éventuelle révision constitutionnelle ressemble à celle de ce mercredi 3 juin, alors le chef de l'État congolais n'a, objectivement, rien de bien important à craindre. Chronique d'une journée où l'on peut perdre une bataille politique et publier le communiqué de victoire à la même heure.
Aux alentours de midi, la Coalition Article 64 commence à revendiquer publiquement le succès de la ville morte. Mais sur le terrain à Kinshasa, marchés, transports et écoles reprennent leur activité. Analyse à mi-parcours d'une journée où le temps politique court plus vite que le temps des faits.