Parlement Delly Sesanga : « Ces parlementaires sont aujourd’hui devenus les complices de l’entreprise initiée par monsieur Tshisekedi »
C64

Delly Sesanga : « Ces parlementaires sont aujourd’hui devenus les complices de l’entreprise initiée par monsieur Tshisekedi »

Dans une intervention jeudi 4 juin à Kinshasa, Delly Sesanga précise les paramètres du rassemblement que la Coalition Article 64 organise le jeudi 12 juin : sous l'esplanade du Palais du Peuple, en sitting statique, pour viser nominalement les parlementaires accusés de complicité avec le chef de l'État.

Delly Sesanga : « Ces parlementaires sont aujourd’hui devenus les complices de l’entreprise initiée par monsieur Tshisekedi »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 6 JUIN 2026 - 08:20 WAT · 4 min de lecture

Dans une intervention jeudi 4 juin à Kinshasa, Delly Sesanga précise les paramètres du rassemblement que la Coalition Article 64 organise le jeudi 12 juin : sous l’esplanade du Palais du Peuple, en sitting statique, pour viser nominalement les parlementaires accusés de complicité avec le chef de l’État.

À quoi ressemblera concrètement la deuxième séquence annoncée par la Coalition Article 64 pour la semaine du 9 juin ? Trois jours après la plainte qu’elle veut déposer contre Félix Tshisekedi, la coalition prévoit, le jeudi 12 juin, une mobilisation de rue. Dans la vidéo enregistrée par BETO à Kinshasa, Delly Sesanga en détaille les paramètres principaux.

Le rassemblement n’aura pas lieu n’importe où dans la capitale. La coalition vise un point symbolique.

« Le 12 juin, nous en appelons à la grande mobilisation du peuple congolais de venir sous l’esplanade du Palais du Peuple. »

L’esplanade du Palais du Peuple, à Kinshasa, est le parvis du siège du Parlement congolais. C’est l’institution qui examinerait, le cas échéant, une éventuelle modification constitutionnelle. En convoquant le rassemblement à cet endroit précis, la coalition désigne nommément les députés et sénateurs comme co cibles politiques de la séquence.

Sesanga emploie un mot précis pour qualifier la nature du rassemblement.

« Dans un sitting, pour démontrer à la fois à ces parlementaires qui manquent à leur devoir, qui manquent à leurs obligations républicaines. »

Le choix du « sitting » mérite d’être souligné. Il ne s’agit ni d’une marche, ni d’un cortège mobile. Il s’agit d’un rassemblement statique, occupant un espace défini pendant plusieurs heures. La forme a deux propriétés. D’un point de vue juridique, elle est plus défendable face aux autorités, qui peuvent plus difficilement la qualifier de manifestation perturbant l’ordre public. D’un point de vue politique, elle exige davantage de discipline collective : tenir un lieu pendant la durée annoncée suppose une organisation logistique réelle.

À la différence de la plainte du 9 juin, qui vise nominalement le chef de l’État, le sitting du 12 vise une autre cible.

« Pour démontrer à ces parlementaires qui manquent à leur devoir, qui manquent à leurs obligations républicaines et qui aujourd’hui sont devenus les complices de l’entreprise initiée par monsieur Tshisekedi et ses alliés, de modifier la Constitution, de changer la Constitution dans notre pays pour avoir un troisième mandat, chose que la Constitution lui interdit. »

Le mot « complices » est central. La coalition étend désormais sa mise en accusation à l’ensemble du pouvoir législatif. Le Parlement n’est plus présenté comme un arbitre institutionnel possible, mais comme un acteur déjà acquis au projet de révision. La désignation est publique, et elle pèsera dans les jours suivants sur la capacité du Parlement à se présenter comme institution indépendante.

Sesanga insiste sur l’élargissement de l’appel.

« Cet appel ne s’adresse pas seulement aux membres de partis politiques, mais s’adresse à tous les Congolais qui aujourd’hui ne sont pas d’accord. Tous ceux qui sont restés chez eux pour la ville morte à se mobiliser tous comme un seul homme pour faire barrage à cette tentative de confisquer le pouvoir dans notre pays. »

La coalition cherche à transformer le silence du 3 juin en présence active le 12. Elle s’adresse explicitement aux Congolais non militants, ceux qui ne sont pas encartés dans les cinq partis signataires du communiqué C64.

Plusieurs zones d’ombre demeurent à la date de l’annonce. Le sitting sera il autorisé par le gouverneur de Kinshasa, ou interdit pour raisons d’ordre public ? Quel dispositif policier sera déployé autour du Palais du Peuple ce jeudi 12 ? Les autres signataires du communiqué du 3 juin, Fayulu, Kabund, Katumbi et Matata, seront ils présents physiquement aux côtés de Sesanga, ou laisseront ils la coalition exister par ses figures les plus actives sur le terrain ?

Sesanga n’a pas répondu à ces questions ce jeudi. Le 12 juin sur l’esplanade dira si l’appel a été suivi, et dans quelle proportion.

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B
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