Le secrétaire permanent de l'Union sacrée, André Mbata Mangu, a appelé jeudi soir la majorité à descendre dans la rue le 22 juillet, le même jour que l'opposition. Il invoque ce qu'il présente comme une « tentative de coup d'État contre la nation », imputée à des « alliés du Rwanda et de l'AFC/M23 ». Dans son propre camp, l'UDPS dit n'avoir prévu aucune marche.
Dix-sept prêtres de Kananga se sont désolidarisés de la ligne de l'Église catholique contre le changement de Constitution. Une dissidence réelle, mais localisée, qui ne fait pas basculer l'épiscopat.
Le parti présidentiel s'est posé en fer de lance du changement de Constitution. Mais l'UDPS plaide qu'on la laisse seule au front, hésite sur le texte qu'elle défend, et finit devant le juge pour protéger le nom de ses militants.
À la veille d'une réunion « d'urgence » convoquée par Christophe Mboso, le secrétaire permanent de l'Union sacrée André Mbata oppose un désaveu public et parle de « structure fantôme ». Derrière la querelle, une question jamais réglée : qui parle au nom de la majorité ?
Réunis en plénière extraordinaire à Kinshasa, les évêques de la CENCO rejettent le changement de Constitution, redoutent la balkanisation et somment Tshisekedi d’honorer son serment.
Ville morte, marche pro-réforme, loi référendaire adoptée, plainte reportée, sit-in annoncé : en dix jours, la Constitution est devenue le terrain du rapport de force politique en RDC. Décryptage d’une bataille de légitimité populaire.
Deux jours après la ville morte appelée par l’opposition, le camp favorable au changement constitutionnel veut répondre par une démonstration inverse : non plus le silence des rues, mais leur occupation. La marche du 5 juin, portée par la Coalition citoyenne pour la Nation et des responsables de l’Église de Réveil, marque l’entrée du camp pro-réforme dans la bataille de la mobilisation populaire.
Ville morte, marche pro-réforme, plainte annoncée contre Félix Tshisekedi, sit-in devant le Palais du peuple : en quelques jours, le débat sur le changement de la Constitution est sorti des cercles politiques pour devenir une confrontation ouverte entre pouvoir, opposition, Églises, Parlement et rue.