Sports Moutoussamy : Paris, Guadeloupe, Congo
07
Série Les Mondialistes — les 26 Léopards Partie 7 sur 7
Épisodes 123456
Partie 7 — Sports

Moutoussamy : Paris, Guadeloupe, Congo

Parisien de naissance, guadeloupéen de nom, congolais de cœur : Samuel Moutoussamy a choisi le pays de ses grands-parents. Portrait d'un milieu de l'ombre arrivé au Mondial.

Carte BETO « Les Mondialistes » : Samuel Moutoussamy (8), RD Congo, Coupe du monde 2026
La Rédaction 14 juillet 2026
La Rédaction
Kinshasa - 14 JUILLET 2026 - 06:43 WAT · 3 min de lecture

Dans le nom de Samuel Moutoussamy, il y a déjà tout un voyage. Né à Paris, fils d’une mère congolaise et d’un père guadeloupéen d’ascendance indienne, le milieu de terrain porte un patronyme tamoul venu des Antilles et un cœur arrimé à Kinshasa. « Ma mère est congolaise et mon père est d’origine guadeloupéenne, donc mon nom de famille est celui de mon père », résumait-il en 2019, au moment de choisir la sélection de la RD Congo.

Ce choix, il l’a fait avec une part d’intime qu’il n’a jamais cachée. « En dehors du terrain, j’écoute du Fally, du Fabregas, du Koffi Olomidé, confiait-il alors. Mes grands-parents sont à Kinshasa. J’y suis déjà allé plusieurs fois et je suis extrêmement proche d’eux. » Le Congo n’était pas pour lui un choix de raison ou de calcul de carrière, mais un retour vers une terre familière, celle des étés et des voix au téléphone.

Sa première sélection date d’octobre 2019, un amical contre l’Algérie. Depuis, le récupérateur a accumulé plus de cinquante capes, sans jamais marquer ni jamais faire de bruit. C’est le propre des hommes de son poste : on les remarque surtout quand ils manquent. Moutoussamy, lui, a rarement manqué, devenant l’un des piliers discrets du milieu congolais aux côtés d’Edo Kayembe, Charles Pickel et Ngal’ayel Mukau.

Sa carrière en clubs ressemble à sa manière de jouer : sérieuse, sans esbroufe, un peu nomade. Formé à Lyon, il s’est imposé au FC Nantes, où il a dépassé les deux cents matchs et disputé une finale de Coupe de France. Il était d’ailleurs à Nantes en janvier 2019, dans ce vestiaire endeuillé par la disparition d’Emiliano Sala. Après les Canaris, il a poursuivi sa route aux Pays-Bas, en Turquie, puis en Grèce, à l’Atrómitos, où il a signé à l’automne 2025.

Le rendez-vous de Houston, il l’a gagné dans la douleur des barrages. À la veille du match décisif contre la Jamaïque, en mars 2026, il n’avait pas caché sa fébrilité ni sa faim. « On est prêts pour la guerre, comme on dit, lançait-il. C’est un match particulier, mais c’est une excitation. On a hâte d’y être et de mettre tout ce qu’on a dans le ventre sur le terrain pour avoir cette qualification. » La RDC a gagné. Le Mondial était au bout.

Le 17 juin, au NRG Stadium de Houston, la RD Congo retrouve la Coupe du monde un demi-siècle après le Zaïre, face au Portugal. Au milieu, l’homme aux trois rivages, parisien de naissance, guadeloupéen de nom et congolais de cœur, sera là où il a toujours été : dans l’ombre du jeu, au centre de tout.

Sources : Léopard Leader (entretien, 2019) ; actualite.cd (mars 2026) ; Wikipédia ; Transfermarkt ; Foot Africa.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…