Diamant : la RDC s’associe au suisse ADEX pour tailler et vendre ses pierres depuis Kinshasa
La RDC a signé un accord-cadre avec la société suisse ADEX Platform AG pour transformer et commercialiser localement ses diamants. La coentreprise ADEX RDC S.A. doit installer un atelier de taille-joaillerie et une plateforme de vente directe, pour plus de transparence et de valeur ajoutée.
Diamant : la RDC s’associe au suisse ADEX pour tailler et vendre ses pierres depuis Kinshasa
AFP
La République démocratique du Congo a signé un accord-cadre avec la société suisse ADEX Platform AG pour transformer et commercialiser localement ses diamants. Le document a été paraphé lundi 29 juin à Kinshasa, sous la présidence du ministre des Mines Louis Watum Kabamba, entre l’entreprise helvétique et le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), établissement public congolais. Il prévoit la création d’une coentreprise, ADEX RDC S.A., détenue à parts égales par les deux partenaires.
La société commune doit doter le pays d’un atelier de taille et de joaillerie aux normes internationales et d’une plateforme numérique de commercialisation directe vers les marchés étrangers, assortis d’un transfert de technologie et d’un renforcement des capacités nationales. Le partenariat, validé par le Conseil des ministres le 29 mai, vise à accroître la transparence, à réduire la contrebande et à retenir davantage de valeur sur le sol congolais. « Nos diamants ne doivent plus être associés à la contrebande et à la perte de valeur, mais devenir un symbole de transparence, de modernisation industrielle et de prospérité partagée », a déclaré le ministre des Mines.
L’accord intervient alors que la production congolaise s’érode. Le pays a extrait environ 13 millions de carats en 2021, contre 8,1 millions en 2025, selon les données officielles, une baisse que les exportations illicites ont accentuée en rognant les recettes de l’État. Près de 85 % de la production provient de l’exploitation artisanale, tandis que la production industrielle reste dominée par la SACIM, coentreprise sino-congolaise, avec un peu plus d’un million de carats l’an dernier. La RDC demeure l’un des cinq premiers producteurs mondiaux et le deuxième d’Afrique.
L’initiative s’inscrit dans les réformes engagées pour extraire davantage de valeur d’un secteur minier longtemps cantonné à l’exportation de matière brute. Le ministère dit vouloir positionner la RDC en « fournisseur responsable et compétitif » sur le marché international du diamant et des pierres de couleur. À ce stade, l’accord reste un cadre : le calendrier de construction de l’atelier, le montant des investissements et le modèle de financement de la coentreprise n’ont pas été détaillés.
Moitié du coltan, deux tiers du wolfram : ce que le M23 contrôle des minerais du Sud-Kivu
Rubaya : 21 heures sous terre, le coût humain de la mine qui finance la guerre
