Contre Ebola, la façon d'enterrer les morts est une ligne de front. En Ituri, les équipes d'inhumation sécurisée avancent entre gestes de dignité et méfiance des familles, sur un terrain où le deuil et la contagion se disputent le même corps.
Partie d'Ituri, l'épidémie d'Ebola essaime par cas importés vers le Haut-Uele et la Tshopo. Deux malades venus de Nia-Nia, dont un décès, rappellent que la fuite des personnes précède le virus.
Face à Ebola en Ituri, les millions s'annoncent par vagues. Banque mondiale, Union africaine, bailleurs bilatéraux. Mais entre la somme promise et l'argent qui arrive vraiment sur le terrain, l'écart raconte une autre histoire.
Pendant que l'Ituri affronte Ebola, les hôpitaux publics congolais se vident de leurs médecins en grève. Deux fronts distincts, qui exposent la même fragilité, celle d'un système à bout de souffle.
L'épidémie touche 36 zones de santé réparties sur trois provinces de l'Est. L'Ituri concentre l'essentiel des foyers, le Nord-Kivu est sous surveillance prioritaire, le Sud-Kivu contient un premier foyer isolé.
Selon l'INSP, 11 360 personnes contacts étaient suivies au 2 juillet, dont 81,8 % vues en vingt-quatre heures. Un maillage humain qui conditionne l'issue de la 17e épidémie.
Face à une défiance qui a coûté un centre de traitement incendié et deux morts, la riposte a touché plus de 260 000 personnes en Ituri par des dialogues communautaires et l'appui des leaders locaux.
En un mois, l'épidémie d'Ebola est passée de 15 à 33 zones de santé, sans quitter trois provinces de l'Est. Son front le plus avancé, à Nia-Nia, fait redouter un saut vers la Tshopo.
Le dernier rapport de l'INSP, arrêté au 2 juillet, fait état de 1 502 cas confirmés et 473 décès. La riposte enregistre 213 guérisons et un premier essai de traitement à Bunia, mais reste entravée par l'insécurité.
22 centres, quelque 650 lits, presque tous pleins. En Ituri, la riposte contre Ebola se heurte à un mur, celui de la capacité hospitalière, aggravé par les attaques contre les centres.