Fonds de promotion de l’industrie : 420 millions de dollars et quatre secteurs pour 2026-2028
Le 29 juillet en Belgique, le Fonds de promotion de l'industrie a présenté aux investisseurs du Benelux une enveloppe de 420 millions de dollars sur 2026-2028, ciblée sur l'agriculture, le pharmaceutique, l'énergie et la transformation des minerais.
Fonds de promotion de l’industrie : 420 millions de dollars et quatre secteurs pour 2026-2028
AFP
Le Fonds de promotion de l’industrie est allé chercher des partenaires en Belgique. Le 29 juillet, devant des investisseurs du Benelux, son directeur général adjoint Blaise Mastaky Birindwa a présenté une enveloppe de 420 millions de dollars sur la période 2026-2028, soit une moyenne de 140 millions par an. L’objectif annoncé tient en une formule : « passer d’une économie d’exportation des matières premières à une économie de transformation industrielle ».
Quatre secteurs ont été retenus. L’agriculture, l’industrie pharmaceutique, l’énergie et la transformation locale des minerais stratégiques. Ce choix n’a pas été fait seul : il résulte d’un travail mené avec l’Industrial Development Corporation, l’institution financière de développement sud-africaine, avec laquelle le fonds a signé un accord en février 2026.
Le mécanisme proposé marque une inflexion. Le fonds ne se présente plus en prêteur unique mais en cofinanceur, partageant le risque avec des partenaires extérieurs. L’éligibilité reste bornée : les entreprises doivent être de droit congolais et installées en République démocratique du Congo. Un investisseur du Benelux qui répondrait à l’appel devrait donc constituer ou prendre part à une société locale.
Ce que la mesure représente à l’échelle du pays
Les 420 millions se lisent au regard de ce que le pays produit. La RDC a extrait 3,2 millions de tonnes de cuivre en 2025 et en a raffiné 2,8 millions sur son sol. Elle a produit 230 000 tonnes de cobalt, 73 % du total mondial. Une usine de traitement hydrométallurgique de taille moyenne se chiffre en centaines de millions de dollars. L’enveloppe triennale du fonds équivaut donc à l’ordre de grandeur d’un seul grand projet industriel, ce qui situe sa fonction : amorcer et cofinancer, non porter seul.
La comparaison la plus parlante est ferroviaire. Le 31 juillet, deux jours après la présentation de Bruxelles, le Conseil des ministres validait un projet de réhabilitation de la ligne Dilolo-Sakania pour 1,258 milliard de dollars, soit trois fois l’enveloppe industrielle triennale.
Une commande politique qui se resserre
Le calendrier place l’initiative dans une séquence cohérente. Le 29 juin, un arrêté interministériel a interdit l’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt. « L’exportation des concentrés de cuivre et de cobalt est interdite », écrivent les trois ministres signataires. L’Institut de recherche en droits humains rappelait le 6 août que le moment est marqué par « une forte demande internationale en minerais stratégiques et par la décision du Gouvernement d’accroître la production nationale de cuivre de 500 000 tonnes ».
L’État interdit donc de sortir la matière brute, promet un demi-million de tonnes de production supplémentaire et propose 420 millions de dollars pour bâtir la capacité de transformation correspondante. Les trois décisions relèvent de la même politique, et c’est leur proportion respective qui décidera de son issue.
Le fonds n’a pas communiqué la ventilation de l’enveloppe entre les quatre secteurs, ni le nombre de dossiers déjà instruits, ni les premiers projets menés avec l’institution sud-africaine. Ces éléments diront si les 420 millions sont un engagement ferme ou une capacité théorique.
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