Annoncée pour le 9 juin, la plainte de la Coalition Article 64 contre Félix Tshisekedi a finalement été reportée. Officiellement, l’opposition veut y intégrer de « nouveaux éléments juridiques et factuels ». Politiquement, ce report intervient au moment où la proposition de loi sur le référendum a déjà franchi l’Assemblée nationale et arrive au Sénat. La bataille constitutionnelle entre ainsi dans une phase plus technique, plus juridique, mais aussi plus risquée pour l’opposition.
L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi portant organisation du référendum, en l’absence de l’opposition. Le texte ne change pas encore la Constitution, mais il installe un cadre de procédure qui peut ouvrir la voie à une consultation populaire. C’est précisément ce passage du débat politique au mécanisme institutionnel qui rend la séquence explosive.
Avec la Coalition Article 64, plusieurs figures de l’opposition congolaise tentent de reprendre l’initiative autour d’un mot d’ordre commun : faire barrage au changement de la Constitution. Mais derrière l’image d’un front uni, l’enjeu est plus profond : transformer une addition de leaders, de partis et de frustrations en véritable rapport de force politique.
La Coalition de l’opposition Article 64 a annoncé, lundi 8 juin 2026, le report du dépôt de sa plainte contre Félix Tshisekedi, afin d’intégrer de nouveaux éléments juridiques et factuels à son dossier.
Les partisans du changement constitutionnel veulent y conduire la rue. L’opposition veut y tenir un sit-in. Plus de trente ans après la Conférence nationale souveraine, le Palais du peuple redevient le lieu où se croisent mémoire démocratique, rapport de force parlementaire et bataille autour des règles du pouvoir.
Deux jours après la ville morte appelée par l’opposition, le camp favorable au changement constitutionnel veut répondre par une démonstration inverse : non plus le silence des rues, mais leur occupation. La marche du 5 juin, portée par la Coalition citoyenne pour la Nation et des responsables de l’Église de Réveil, marque l’entrée du camp pro-réforme dans la bataille de la mobilisation populaire.
Dans une intervention jeudi 4 juin à Kinshasa, Delly Sesanga précise les paramètres du rassemblement que la Coalition Article 64 organise le jeudi 12 juin : sous l'esplanade du Palais du Peuple, en sitting statique, pour viser nominalement les parlementaires accusés de complicité avec le chef de l'État.
Ville morte, marche pro-réforme, plainte annoncée contre Félix Tshisekedi, sit-in devant le Palais du peuple : en quelques jours, le débat sur le changement de la Constitution est sorti des cercles politiques pour devenir une confrontation ouverte entre pouvoir, opposition, Églises, Parlement et rue.
La journée ville morte appelée par la Coalition Article 64 n’a pas livré une vérité simple. Elle n’a pas prouvé que l’opposition contrôlait la rue. Elle n’a pas non plus prouvé que le pouvoir avait neutralisé la contestation. Elle a surtout ouvert une nouvelle séquence : celle où la Constitution quitte les salles de réunion pour devenir un objet de mobilisation populaire.
Au lendemain de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 annonce une plainte contre Félix Tshisekedi le 9 juin et un sit-in le 12 juin. Décryptage d’une nouvelle offensive constitutionnelle.