Le dialogue annoncé le 17 juillet n'a ni date, ni lieu, ni médiateur, ni ordre du jour. Le motif qu'en a donné le cardinal Fridolin Ambongo est l'agression « qui vient essentiellement de l'Est du Rwanda » et l'unité qu'elle impose. Le cadre juridique, lui, est écrit depuis 2006. Il détermine à lui seul l'essentiel de ce qui peut sortir de la table, quels que soient ceux qui s'y assiéront.
Le 6 juillet, au retour de Bujumbura, BETO décrivait ici une mécanique simple : une coalition qui n'existe que par un refus survit tant qu'on ne lui demande rien d'autre que de refuser. Onze jours plus tard, on lui demande autre chose. En annonçant que le chef de l'État a « levé l'option » d'un dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a posé sur la table de l'opposition la seule question qu'elle avait réussi à ne pas trancher : dire oui, à quoi, et à quel prix.
La CENCO et l'Église du Christ au Congo ont consulté, le samedi 18 juillet à l'archevêché de Kinshasa, les responsables de la Coalition Article 64 « afin d'obtenir le principe du report » de la marche du 22 juillet, dans le contexte de l'annonce du dialogue par le chef de l'État.
Le secrétaire permanent de l'Union sacrée, André Mbata Mangu, a appelé jeudi soir la majorité à descendre dans la rue le 22 juillet, le même jour que l'opposition. Il invoque ce qu'il présente comme une « tentative de coup d'État contre la nation », imputée à des « alliés du Rwanda et de l'AFC/M23 ». Dans son propre camp, l'UDPS dit n'avoir prévu aucune marche.
À deux semaines d'une marche annoncée par la Coalition Article 64 vers le Palais présidentiel, le ministre des Droits humains a rappelé que la commune de la Gombe reste fermée aux rassemblements.
Au siège de l'UDPS, Augustin Kabuya accuse l'opposition de vouloir incendier les ambassades de la Gombe lors de la marche du 8 juillet. La Coalition Article 64 dit viser la démission de Tshisekedi.
Le SG de l’UDPS Augustin Kabuya accuse l’opposition d’avoir planifié les troubles du sit-in du 12 juin et conteste les morts et blessés, évoquant une « mise en scène ». L’opposition maintient sa version.
Refus du site autorisé, tentative de progression vers le Palais du Peuple, groupes de jeunes convoyés, images d'armes blanches, véhicules incendiés et guerre immédiate des récits autour des blessés. Enquête BETO sur les zones d'ombre du sit in de l'opposition du 12 juin à Kinshasa.
Le rassemblement annoncé par la Coalition Article 64 devant le Palais du Peuple n’a pas pu se tenir comme prévu ce vendredi 12 juin. Les correspondants de BETO déployés à Lingwala, sur le boulevard Triomphal, à Kasa Vubu et près du siège de l’ECiDé rapportent un dispositif policier renforcé, des accès verrouillés, des échauffourées et des dégâts matériels. Des images montrent Martin Fayulu avec des vêtements tachés de sang, mais les circonstances exactes de sa blessure doivent encore être établies.
Annoncée pour le 9 juin, la plainte de la Coalition Article 64 contre Félix Tshisekedi a finalement été reportée. Officiellement, l’opposition veut y intégrer de « nouveaux éléments juridiques et factuels ». Politiquement, ce report intervient au moment où la proposition de loi sur le référendum a déjà franchi l’Assemblée nationale et arrive au Sénat. La bataille constitutionnelle entre ainsi dans une phase plus technique, plus juridique, mais aussi plus risquée pour l’opposition.