Politique Au Palais du Peuple, le sit-in de l’opposition empêché, l’ECiDé attaqué et Fayulu touché

Au Palais du Peuple, le sit-in de l’opposition empêché, l’ECiDé attaqué et Fayulu touché

Le rassemblement annoncé par la Coalition Article 64 devant le Palais du Peuple n’a pas pu se tenir comme prévu ce vendredi 12 juin. Les correspondants de BETO déployés à Lingwala, sur le boulevard Triomphal, à Kasa Vubu et près du siège de l’ECiDé rapportent un dispositif policier renforcé, des accès verrouillés, des échauffourées et des dégâts matériels. Des images montrent Martin Fayulu avec des vêtements tachés de sang, mais les circonstances exactes de sa blessure doivent encore être établies.

Au Palais du Peuple, le sit-in de l’opposition empêché, l’ECiDé attaqué et Fayulu touché
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 12 JUIN 2026 - 14:36 WAT · 7 min de lecture

Le bras de fer entre l’opposition et les autorités de Kinshasa autour du Palais du Peuple a basculé dans la tension ce vendredi 12 juin 2026. L’action de protestation annoncée par la Coalition Article 64, qui voulait dénoncer la loi sur le référendum et tout projet de changement de la Constitution, n’a pas pu se tenir sur l’esplanade du Parlement. Selon les correspondants de BETO déployés sur plusieurs points de la capitale, la police a verrouillé les principaux accès au Palais du Peuple dès les premières heures de la matinée.

Un Palais du Peuple verrouillé dès le matin

Autour du Palais du Peuple, le dispositif sécuritaire était visible sur plusieurs axes. Les correspondants de BETO ont constaté des barrières, des contrôles renforcés, des éléments de la police positionnés aux entrées et une circulation perturbée sur les voies menant vers Lingwala et le boulevard Triomphal. Opinion Info a également rapporté que plusieurs entrées du Palais étaient devenues inaccessibles, avec des contrôles imposés même à certains personnels administratifs.

Cette présence policière répondait à la décision prise la veille par l’Hôtel de Ville. Le gouverneur Daniel Bumba avait refusé que l’opposition tienne son rassemblement devant le Palais du Peuple, en invoquant le caractère inviolable du siège des institutions. Les autorités urbaines avaient proposé le terrain Assossa, dans la commune de Kasa Vubu, comme lieu alternatif. La Coalition Article 64 avait rejeté cette proposition et maintenu son appel devant le Parlement.

La C64 voulait faire pression sur la loi référendaire

La Coalition Article 64 avait annoncé cette mobilisation après l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Selon Radio Okapi, cinq partis avaient notifié les autorités de Kinshasa pour un sit in devant le Palais du Peuple : A.Ch de Jean Marc Kabund, ECiDé de Martin Fayulu, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, ENVOL de Delly Sesanga et LGD de Matata Ponyo.

Le message politique était clair : empêcher toute initiative perçue comme une ouverture vers une modification de la Constitution. Martin Fayulu avait appelé ses partisans à se rendre au Palais du Peuple pour demander aux députés d’abandonner le projet de modification de l’article 220 et les textes référendaires en cours d’élaboration, selon La Prunelle RDC.

La mobilisation se déplace vers le siège de l’ECiDé

Faute d’accès à l’esplanade du Parlement, une partie de la mobilisation s’est concentrée autour du siège de l’ECiDé, sur le boulevard Triomphal. Les correspondants de BETO y ont constaté une forte tension en début d’après midi, avec des militants de l’opposition regroupés autour des responsables de la C64.

Opinion Info a rapporté que plusieurs centaines de sympathisants étaient déjà rassemblés au siège de l’ECiDé en milieu de journée, tandis que les principaux leaders de la plateforme continuaient d’arriver progressivement. Le média indiquait alors que la coalition ne s’était pas encore dirigée vers le Palais du Peuple et que l’accès au site restait incertain en raison du dispositif policier.

Fayulu et Kabund apparaissent touchés après l’intervention policière

La situation s’est ensuite dégradée. Des images diffusées sur les réseaux sociaux et consultées par BETO montrent Martin Fayulu avec des vêtements tachés de sang. Des images similaires montrent aussi Jean Marc Kabund affecté au milieu d’une scène de confusion. Selon Opinion Info, les deux figures de l’opposition sont apparues touchées après l’intervention des forces de l’ordre visant à disperser les manifestants aux abords du Palais du Peuple.

À ce stade, BETO n’a pas encore établi les circonstances exactes dans lesquelles Martin Fayulu et Jean Marc Kabund ont été blessés. La nature des blessures, le nombre de personnes touchées et les responsabilités précises doivent encore être confirmés par des sources médicales, policières ou judiciaires. Des proches de l’opposition affirment également que Delly Sesanga aurait été touché, mais cet élément n’était pas encore confirmé de manière indépendante au moment de la rédaction.

Le siège de l’ECiDé pris d’assaut

L’autre fait marquant de la journée concerne le siège de l’ECiDé. Les correspondants de BETO rapportent des dégâts matériels dans les locaux du parti de Martin Fayulu. Des vidéos circulant en ligne montrent un attroupement et des scènes de désordre aux abords du bâtiment. Plusieurs témoins attribuent l’attaque à des militants se réclamant de la Force du progrès, structure proche de l’UDPS. BETO n’a pas encore identifié individuellement les personnes visibles dans ces vidéos.

Opinion Info rapporte que le siège de l’ECiDé a été pris d’assaut par des militants se réclamant des Forces du progrès, selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux. Le même média indique que des témoins accusent la police de n’avoir pas empêché l’incursion. (Opinion Info)

La tension n’a pas concerné seulement l’ECiDé. UNE.CD a rapporté que les sièges de l’Alliance pour le Changement de Jean Marc Kabund et d’ADD Congo de Prince Epenge avaient aussi été ciblés dans la matinée, avec des vidéos d’échauffourées à Limete et des accusations visant la même Force du progrès. Prince Epenge a affirmé que deux militants d’ADD Congo avaient été blessés et que des biens avaient été saccagés.

Une journée politique qui change de registre

Le bilan provisoire est donc contrasté. Le sit in n’a pas eu lieu devant le Palais du Peuple comme prévu par l’opposition. La mobilisation visible est restée contenue par le dispositif policier. Mais l’opposition obtient déjà un impact médiatique avec trois images fortes : l’esplanade verrouillée, Martin Fayulu touché, et le siège de l’ECiDé attaqué.

BETO retient que le conflit autour de la Constitution entre dans une phase plus risquée. Jusqu’ici, la bataille se jouait surtout dans les déclarations, au Parlement et autour de la loi sur le référendum. Ce vendredi, elle s’est déplacée vers la rue, les sièges de partis, les vidéos de violences et la question du droit de manifester. Le point le plus sensible reste désormais l’établissement des responsabilités : celles des forces de l’ordre dans la dispersion, celles des individus ayant attaqué les sièges de partis, et celles des autorités politiques qui devront répondre à une journée devenue plus explosive que le rassemblement annoncé.

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…