Le 6 juillet, au retour de Bujumbura, BETO décrivait ici une mécanique simple : une coalition qui n'existe que par un refus survit tant qu'on ne lui demande rien d'autre que de refuser. Onze jours plus tard, on lui demande autre chose. En annonçant que le chef de l'État a « levé l'option » d'un dialogue inclusif, le cardinal Fridolin Ambongo a posé sur la table de l'opposition la seule question qu'elle avait réussi à ne pas trancher : dire oui, à quoi, et à quel prix.
La CENCO et l'Église du Christ au Congo ont consulté, le samedi 18 juillet à l'archevêché de Kinshasa, les responsables de la Coalition Article 64 « afin d'obtenir le principe du report » de la marche du 22 juillet, dans le contexte de l'annonce du dialogue par le chef de l'État.
La chaire, la rue et les partis convergent contre le projet de changement de la Constitution. Mais ce front commun reste fragile, une opposition qui peine à s'unir, une Église elle-même traversée de dissidences.
Le procureur général près la Cour de cassation a annoncé, le 19 juin, l'ouverture d'une information judiciaire sur les violences du sit-in de l'opposition du 12 juin, à Kinshasa, qui a fait, selon l'ONU, au moins un mort et 38 blessés. Le même communiqué menace de poursuites les auteurs de « faux bruits ».
Après le discours de Tshisekedi à Houston, Martin Fayulu dénonce une « récupération populiste grossière » de l'exploit des Léopards et appelle à juger le patriotisme à l'aune de la gouvernance.
Refus du site autorisé, tentative de progression vers le Palais du Peuple, groupes de jeunes convoyés, images d'armes blanches, véhicules incendiés et guerre immédiate des récits autour des blessés. Enquête BETO sur les zones d'ombre du sit in de l'opposition du 12 juin à Kinshasa.
Alors que son parti affirme qu'il a été touché à la jambe lors des incidents autour du sit in de l'opposition, une vidéo parvenue à BETO montre Delly Sesanga dans une séquence tendue avec du personnel soignant. Une infirmière l'interpelle : « Est-ce le moment de faire des vidéos ? ».
Le rassemblement annoncé par la Coalition Article 64 devant le Palais du Peuple n’a pas pu se tenir comme prévu ce vendredi 12 juin. Les correspondants de BETO déployés à Lingwala, sur le boulevard Triomphal, à Kasa Vubu et près du siège de l’ECiDé rapportent un dispositif policier renforcé, des accès verrouillés, des échauffourées et des dégâts matériels. Des images montrent Martin Fayulu avec des vêtements tachés de sang, mais les circonstances exactes de sa blessure doivent encore être établies.
Après avoir appelé les Congolais à rester chez eux lors de la ville morte du 3 juin, la Coalition Article 64 leur demande désormais de sortir et de se rendre devant le Palais du peuple. Le sit-in annoncé pour ce vendredi 12 juin est un test plus exigeant pour l’opposition : passer de l’absence dans les rues à la présence physique devant le cœur institutionnel du pays.