Samantha Power, qui a dirigé l’agence américaine d’aide sous Joe Biden, affirme que le démantèlement de l’USAID a contribué à l’emballement de l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda. Washington dément tout effet. Pour Kinshasa, la polémique met à nu le coût d’une riposte sanitaire suspendue à un bailleur étranger.
Plus d’un mois après le début de l’épidémie de Bundibugyo, aucun isolat du virus en circulation en RDC n’a été transféré aux laboratoires qui développent vaccins et tests. Derrière ce blocage apparent, un différend mondial sur le partage des pathogènes où Kinshasa entend ne plus être une simple réserve d’échantillons.
Aru en RDC, Arua en Ouganda : deux villes jumelles, mêmes populations, même langue. Sur cette frontière que le virus ignore, Kinshasa et Kampala lancent un plan de 90 jours — équipes conjointes, centre de traitement cogéré, laboratoires. « Nous sommes au niveau 3 ou 4 », prévient l’OMS.
En cinq semaines, la 17e épidémie d'Ebola est passée de quelques centaines de cas à plus d'un millier. Au 21 juin, 1 048 cas confirmés et 267 décès : vitesse, létalité et concentration en Ituri.
Le Sud-Kivu ne compte plus aucun cas actif d’Ebola depuis la guérison de ses deux derniers malades le 16 juin, tandis que l’Ituri demeure l’épicentre d’une épidémie au bilan encore lourd.
Au 19 juin, l'OMS recense plus de 890 cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont plus de 200 décès, dans l'est de la RDC. Le gouvernement a décrété la gratuité des soins en Ituri, épicentre de cette flambée due à la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n'est homologué.
En un mois, l'épidémie de virus Ebola Bundibugyo est passée de trois à trente-trois zones de santé, débordant de la seule Ituri vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Laboratoires décentralisés, centres de traitement, traçage des contacts : la riposte monte en puissance, sans encore rattraper le virus. État des lieux, cartographié.
L'Africa CDC a annoncé le 18 juin un bilan de 875 cas confirmés et 202 décès en RDC, un mois après la déclaration de l'épidémie. La riposte se renforce sans vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, mais l'OMS la juge encore loin du compte.
Un mois après, l'épidémie d'Ebola en RDC compte 837 cas confirmés et 196 décès (bilan du 16 juin). La riposte s'est renforcée mais l'OMS la situe « au niveau 3 ou 4 sur 10 », et les infirmiers d'Ituri dénoncent leurs conditions de travail.