Santé Ebola en RDC : ALIMA, première ligne de la riposte, désormais touchée dans ses propres rangs
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Ebola en RDC : ALIMA, première ligne de la riposte, désormais touchée dans ses propres rangs

ALIMA, ONG pivot de la riposte Ebola en RDC (trois centres, une cinquantaine de structures, 800 agents), a un de ses médecins contaminé, détecté en France. Son chef de mission à Goma prévient : sans l’adhésion des communautés, l’épidémie ne sera pas endiguée.

Ebola en RDC : ALIMA, première ligne de la riposte, désormais touchée dans ses propres rangs
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 25 JUIN 2026 - 18:46 WAT · 4 min de lecture

GOMA — L’organisation qui soigne l’Ebola au plus près des malades a, depuis le 24 juin, l’épidémie dans ses propres effectifs. ALIMA, The Alliance for International Medical Action, a confirmé qu’un de ses médecins humanitaires, de retour d’une mission en République démocratique du Congo, avait été testé positif au virus après son arrivée en France. Il est pris en charge dans un établissement spécialisé, dans un état stable. C’est le premier cas détecté hors d’Afrique depuis le début de la flambée.

Le nom de cette ONG revient à chaque épidémie d’Ebola dans l’Est congolais. Présente en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, elle dit armer trois centres de prise en charge dédiés, intervenir dans une cinquantaine de structures de santé et déployer 800 agents sur ces territoires. Se décrivant comme l’un des acteurs majeurs de la réponse et la première à être intervenue sur le terrain, elle se trouve aussi, par construction, parmi les plus exposées.

Dans son communiqué, ALIMA assure avoir verrouillé ses protocoles. « Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes », écrit l’organisation. Mais alors que le virus circule fortement et que ses équipes médicales restent exposées, l’ONG dit s’atteler à « comprendre comment la contamination a pu avoir lieu ». Les opérations, précise-t-elle, se poursuivent.

Or le médical n’est qu’une moitié de la bataille. Quelques jours plus tôt, le chef de mission d’ALIMA à Goma, Barry Mamadou Kaba, posait un diagnostic sans détour sur l’autre moitié, la plus difficile. « Les professionnels de santé seuls, malgré tous les moyens à disposition, ne peuvent pas endiguer cette épidémie », avertissait-il. En cause, le comportement des populations : des marchés qui restent ouverts, des rassemblements qui continuent, et de larges zones rurales hors de Bunia que la riposte ne couvre pas encore.

Le déni a un coût concret pour ceux qui travaillent au contact. « Les équipes communautaires en charge des suivis des cas contacts, de la récupération et du transfert des cas suspects sont toujours agressées au niveau communautaire », rapportait Barry Mamadou Kaba. « Il y a des endroits où parler de Ebola signifierait souhaiter que la maladie s’y implante. » C’est précisément le maillon — la recherche des contacts, le transfert des suspects — dont dépend l’arrêt des chaînes de transmission.

Contre cette défiance, ALIMA mise sur la transparence des soins. Ses chambres d’urgence dites bio-sécurisées sont équipées de baies vitrées, à travers lesquelles les proches peuvent voir le patient et lui parler. En cas de décès, le protocole prévoit l’exposition du corps après sa préparation, la possibilité de prier à proximité, puis un enterrement digne assuré par des équipes formées. L’objectif est de tordre le cou à la rumeur d’une médecine qui cacherait ses morts.

Le rappel des chiffres situe l’enjeu. Au 23 juin, l’Institut national de santé publique recensait 1 118 cas confirmés et 291 décès, l’Ituri concentrant l’essentiel. Contre la souche Bundibugyo, sans vaccin homologué, la prise en charge précoce reste la principale arme qui fait pencher la balance — et 122 personnes ont déjà été déclarées guéries. Le cas de son médecin rappelle à ALIMA, et à tous ceux qui tiennent la ligne de front, que cette ligne n’est jamais entièrement étanche.

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B
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