22 centres, quelque 650 lits, presque tous pleins. En Ituri, la riposte contre Ebola se heurte à un mur, celui de la capacité hospitalière, aggravé par les attaques contre les centres.
Le taux de décès parmi les cas confirmés d'Ebola est passé d'environ 18 % début juin à plus de 30 % fin juin. Une courbe qui en dit long sur les retards de prise en charge.
Laboratoires rapprochés, enterrements sécurisés, premiers guéris : en Ituri, la riposte contre Ebola se joue dans la logistique, entre progrès réels et défiance des populations.
L'épidémie de l'Ituri n'est pas due au virus Ebola le plus connu, mais à la souche Bundibugyo, identifiée en 2007. Le vaccin Ervebo n'est pas homologué contre elle, ce qui change toute la riposte.
La règle sanitaire des 21 jours structure la riposte contre Ebola en Ituri. Sur la frontière ougandaise, elle percute le commerce et fait monter les prix.
Face à l'Ebola qui progresse en Ituri, des sénateurs démocrates déposent un texte pour ramener les États-Unis dans l'OMS. Un acte de pression, pas encore une loi.
L’incendie d’un centre de traitement d’Ebola à Mambasa a fait deux morts et ouvert une brèche dans une riposte déjà minée par la défiance des populations.
L'épidémie d'Ebola qui frappe l'est de la République démocratique du Congo n'est pas qu'une crise sanitaire. C'est aussi un choc économique, et le Programme des Nations unies pour le développement, le PNUD, vient d'en donner la mesure. Selon son analyse, la facture pourrait atteindre jusqu'à 3,6 milliards de dollars pour le continent africain, et menacer des dizaines de milliers d'emplois. Pour la seule RDC, la perte de production dépasserait le milliard de dollars.
Face à une épidémie qui gagne du terrain dans l'est de la RDC, l'Organisation mondiale de la santé passe à l'offensive thérapeutique. Elle lance un essai clinique de deux traitements expérimentaux, le MBP134 et le remdesivir, contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. L'annonce a été faite le 24 juin. L'essai devait démarrer dès la semaine suivante. L'enjeu est simple : réduire la mortalité.
L'épidémie d'Ebola tue aussi loin des centres de traitement, et sans que le virus soit toujours en cause. Dans l'est de la RDC, la peur de la contamination éloigne les femmes enceintes des structures de santé. Résultat : des mères et des nouveau-nés meurent de causes évitables. Le Fonds des Nations unies pour la population, l'UNFPA, alerte sur cette seconde épidémie, plus silencieuse, qui monte à l'ombre de la première.