Diplomatie ONU : le régime de sanctions sur la RDC prorogé d’un an, ce que la résolution 2825 change vraiment

ONU : le régime de sanctions sur la RDC prorogé d’un an, ce que la résolution 2825 change vraiment

Le Conseil de sécurité a reconduit pour un an le régime de sanctions visant la RDC. Un embargo souvent mal compris, car il ne pèse plus sur l'État congolais, mais sur les groupes armés.

United Nations Security Council members vote on a resolution about Yemen's security at UN Headquarters in the Manhattan borough of New York City, New York, U.S., December 21, 2018. REUTERS/Carlo Allegri
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 4 JUILLET 2026 - 12:47 WAT · 4 min de lecture

Le 29 juin 2026, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité de ses quinze membres la résolution 2825, qui proroge le régime de sanctions concernant la République démocratique du Congo. Portée par la France, la résolution reconduit l’embargo sur les armes, les interdictions de voyager et les gels d’avoirs jusqu’au 1er juillet 2027, et prolonge le mandat du Groupe d’experts chargé d’en surveiller l’application jusqu’au 1er août 2027. La RDC, qui siège depuis janvier au Conseil comme membre élu, a voté pour.

Le point le plus souvent mal restitué tient à la cible de cet embargo. Depuis 2022, les mesures ne visent plus les forces armées ni les forces de sécurité du gouvernement congolais, mais les personnes et entités non gouvernementales opérant sur le territoire, c’est-à-dire les groupes armés. Pour ses propres achats d’armes, l’État congolais n’est plus soumis qu’à une obligation de notification. Parler d’un pays « sous embargo » revient donc à décrire une réalité dépassée, celle d’avant l’allègement du régime.

La résolution introduit aussi une nouveauté. Un nouveau critère permet désormais de désigner les groupes armés qui font gravement obstacle au mandat de la Mission des Nations unies, la MONUSCO. Le représentant permanent de la France, Jérôme Bonnafont, l’a présenté comme une adaptation nécessaire. « Ce régime doit être dynamique pour rester adapté à l’évolution de la situation. Cette résolution crée un nouveau critère de désignation visant les groupes armés responsables d’actes d’obstruction graves et délibérés à la mise en œuvre du mandat de la Monusco », a-t-il déclaré.

Pour Kinshasa, l’essentiel se joue ailleurs, dans l’application d’une autre résolution. Depuis le début de l’année, la diplomatie congolaise réclame la mise en œuvre de la résolution 2773, adoptée en 2025, qui exige le retrait des forces rwandaises et la fin du soutien au M23. « Ma délégation appelle à la mise en œuvre intégrale et sans condition de la résolution 2773-2025, notamment en ce qu’elle exige le retrait sans condition de la force de défense rwandaise du territoire congolais et la cessation immédiate des hostilités par le M23 », a déclaré l’ambassadeur de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo Ngay, lors d’un débat du Conseil fin juin.

Le contexte donne du poids à cette demande. Le rapport du Groupe d’experts, présenté début juin, détaille un commandement rwandais sur la coalition AFC/M23, décrivant le rôle du général James Kabarebe comme principale liaison entre Kigali, la direction du mouvement et l’ancien président Joseph Kabila. Ces conclusions sont celles des experts de l’ONU. Elles alimentent la position congolaise, qui plaide pour des sanctions ciblant nommément le Rwanda et le M23, au-delà du seul régime reconduit.

Pour Kinshasa, la résolution 2825 est un demi-satisfecit. Le régime ne pèse plus sur son armée, et la RDC, qui préside le Conseil de sécurité pour le mois de juillet, y voit une reconnaissance de sa souveraineté sécuritaire. Mais l’outil qu’elle réclame vraiment, des sanctions contre l’agresseur qu’elle dénonce, reste à obtenir. Reconduire un embargo est une chose, en faire un levier contre le soutien extérieur aux groupes armés en est une autre. C’est à cette aune que Kinshasa jugera l’année qui vient.

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B
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